Nice : six ans après l'attentat de la basilique Notre-Dame, un hommage aux trois victimes avant le procès en appel

À 8 heures, jeudi matin, une petite foule se tenait devant le parvis, dans le calme imposant de l'édifice. Il n'y avait pas de discours bruyant, pas de cortège. Seulement des gerbes, des roses blanches, et trois noms répétés à voix basse, comme on répète une prière que l'on ne veut pas oublier : Nadine, Vincent et Simone.
Six ans ont passé depuis l'attentat meurtrier survenu au sein de la basilique Notre-Dame de l'Assomption, à Nice, le 29 octobre 2020. Ce jeudi 29 octobre 2026, habitants, proches des victimes et représentants des institutions se sont retrouvés pour rendre hommage aux trois personnes assassinées dans ce lieu de culte, au cœur de la ville. La ceremonie a commencé dès 8h15 par un dépôt de gerbes au pied de la Colombe de la Paix de Tobiasse, œuvre mémorielle dédiée aux victimes.
Les Niçois ont ensuite pu déposer une rose blanche en mémoire des trois victimes. Le glas a retenti à 8h45, avant une cérémonie religieuse organisée à 9h15 dans la basilique Notre-Dame, sur les lieux mêmes de l'attentat. Les familles des victimes avaient demandé à ne pas être filmées, photographiées ou interrogées pendant le dépôt des gerbes, et cette demande de pudeur a été respectée.
Le 29 octobre 2020, vers 8h50, Brahim Aouissaoui avait pénétré dans l'édifice religieux armé d'un couteau. Il s'en était pris d'abord à Nadine Devillers, 60 ans, paroissienne qui se rendait prier dans cette basilique proche de son domicile, puis à Vincent Loquès, le sacristain de 55 ans, qui venait d'ouvrir les portes pour permettre aux fidèles de se recueillir. Il avait ensuite attaqué Simone Barreto Silva, mère de famille de 44 ans, qui était parvenue à s'enfuir de la basilique avant de succomber à ses blessures dans un établissement voisin.
Alertés, quatre policiers municipaux étaient intervenus rapidement. Ils avaient neutralisé l'assaillant, grièvement blessé, avant son interpellation. Les quatre policiers, Anthony, Pascal, Loïc et Quentin, étaient présents lors de l'hommage de ce jeudi, aux côtés des familles, des autorités et de plusieurs associations.
« Ce n'est pas qu'une église qui a été frappée, c'est une liberté ».
Cette phrase est celle du préfet des Alpes-Maritimes, Jean-Marie Girier, qui a pris la parole lors de la commémoration. Le représentant de l'État a désigné l'ennemi, selon les comptes rendus de la cérémonie : l'islamisme radical. Il a aussi insisté sur la portée collective du souvenir des victimes, au-delà des trois vies brisées ce matin-là.
Attentat de Nice : Nadine, Vincent et Simone, trois vies dans une basilique
Nadine Devillers avait 60 ans. Elle venait prier, comme tant d'autres matins, dans une basilique proche de chez elle.
Vincent Loquès, 55 ans, sacristain, venait d'ouvrir les portes de l'édifice. Il s'était précipité pour porter secours et avait été tué par Brahim Aouissaoui, à la veille de son cinquante-cinquième anniversaire, selon les récits publiés ce jeudi. Simone Barreto Silva, 44 ans, mère de famille, passait devant la basilique lorsqu'une fidèle en était sortie, affolée, pour demander de l'aide.
Basilique Notre-Dame de Nice : le procès en appel de Brahim Aouissaoui en décembre
L'anniversaire de l'attentat intervient à quelques semaines d'une nouvelle étape judiciaire. Brahim Aouissaoui comparaîtra en appel devant la cour d'assises spécialement composée de Paris, du 7 au 18 décembre 2026. Le 26 février 2025, il avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté incompressible, une sanction communément appelée « perpétuité réelle ».
Cette peine, parmi les plus lourdes du droit pénal français, a été prononcée à de très rares reprises. Lors de son premier procès, l'accusé avait reconnu les assassinats, sans exprimer de remords, et revendiqué ses actes au nom d'une idéologie djihadiste, selon les comptes rendus. Ses déclarations avaient profondément marqué les parties civiles.
Six ans après l'attentat, les familles de Nadine, Vincent et Simone devront ainsi revivre une nouvelle fois devant la justice les événements du 29 octobre 2020. Actuellement incarcéré dans le sud de la France, Brahim Aouissaoui doit être transféré vers la région parisienne pour préparer son audience. L'hommage de jeudi, discret et recueilli, se tenait donc entre deux temps : celui du souvenir et celui, à venir, du procès.
France : la mémoire des églises frappées et la prière qui continue
La vie de l'Église en France et dans le monde francophone se suit aussi dans d'autres récits, comme la demande de sécuriser les lieux de culte chrétiens face aux 843 actes antichrétiens recensés en 2025 et le nouveau rapport de l'Aide à l'Église en Détresse sur 220 millions de chrétiens exposés à la persécution. Ce sont des chiffres, des rapports, des dispositifs. L'hommage de Nice, lui, était fait de noms propres et de roses blanches.
Le monde francophone porte aussi des histoires d'espérance, comme l'ouverture à Ouagadougou de la conférence des conquérants vainqueurs par le pasteur Karambiri et la succession de Mgr Joseph Francis Badji comme évêque de Kolda. De Nice à Ouagadougou, de Kolda à Paris, la même question revient : comment prier, encore, dans des lieux que la violence a marqués ?
À Nice, la réponse de jeudi a été simple : on revient, on dépose une gerbe, on allume un cierge, on écoute le glas, et l'on entre dans la basilique pour prier. La liberté frappée ce jour-là, selon le préfet, se défend aussi de cette manière, en continuant de vivre et de prier là où l'on a voulu faire taire.
Et si la vraie question, après six ans, n'était pas de savoir si l'on se souvient, mais comment l'on se souvient ? À Nice, la réponse a tenu en un geste : revenir, encore une fois, dans la basilique, et prier pour Nadine, Vincent et Simone, sans bruit, sans caméra, sans oublier.
Questions fréquentes
Nadine Devillers, 60 ans, paroissienne ; Vincent Loquès, 55 ans, sacristain de la basilique ; et Simone Barreto Silva, 44 ans, mère de famille. Tous trois ont été assassinés le 29 octobre 2020 dans la basilique Notre-Dame de l'Assomption, à Nice.
Le jeudi 29 octobre 2026, avec un dépôt de gerbes dès 8h15 au pied de la Colombe de la Paix, le dépôt d'une rose blanche par les Niçois, le glas à 8h45 et une célébration religieuse à 9h15 dans la basilique, en présence du maire Éric Ciotti et du préfet Jean-Marie Girier.
Du 7 au 18 décembre 2026, devant la cour d'assises spécialement composée de Paris. Il avait été condamné le 26 février 2025 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté incompressible.
Vers 8h50, Brahim Aouissaoui a pénétré dans la basilique Notre-Dame de l'Assomption armé d'un couteau et a attaqué Nadine Devillers, Vincent Loquès puis Simone Barreto Silva, avant d'être neutralisé par quatre policiers municipaux.
Jean-Marie Girier a déclaré : « Ce n'est pas qu'une église qui a été frappée, c'est une liberté », en insistant sur la portée collective du souvenir des victimes.
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